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Violences domestiques : comment la police et ses partenaires mènent la lutte

Version synthétique et actualisée (août 2026) du dossier paru dans le numéro 137 de PolCant Info, le magazine d’information de la Police cantonale vaudoise, rédigé par Alexandre Bisenz.

Besoin d’aide ?

En cas de danger immédiat, composez le 117 (police, 24h/24).

Pour une écoute et des conseils, appelez le 142, la ligne nationale d’aide aux victimes de violence : gratuite, confidentielle, disponible 24h/24 et 7j/7. Le 142 n’est pas un numéro d’urgence. En savoir plus sur le 142 →

Pour un accompagnement juridique, psychologique ou financier, adressez-vous au Centre LAVI Vaud. Pour un hébergement d’urgence avec vos enfants, contactez le Centre MalleyPrairie.

Trois à cinq fois par jour, une patrouille intervient quelque part dans le canton de Vaud pour des violences domestiques. Face à un phénomène qui touche tous les milieux sociaux, le canton a construit un dispositif coordonné qui mobilise police, justice, santé et action sociale autour d’un même objectif : protéger les victimes et briser le cycle de la violence.

Les chiffres clés 2025

  • 4 120 infractions de violences domestiques enregistrées (+4,5 % par rapport à 2024)
  • 1 415 victimes, dont 1 032 femmes
  • 3 à 5 interventions de police par jour
  • L’auteur est expulsé du domicile dans près d’une intervention sur deux, contre une quinzaine d’expulsions par an avant la loi de 2017
  • 2 homicides commis dans la sphère domestique ; depuis 2021, toutes les personnes tuées par un partenaire ou ex-partenaire dans le canton étaient des femmes

Source : statistique policière de la criminalité 2025, publiée en juin 2026.

Que fait la police quand elle intervient ?

Lorsque la centrale d’engagement reçoit un appel au 117, une patrouille de gendarmerie ou de police communale est immédiatement dépêchée sur place. Le trajet sert déjà à préparer l’intervention : antécédents du foyer, présence éventuelle d’une arme. Sur place, la priorité absolue est la mise en sécurité de la victime et des enfants.

Vient ensuite un travail minutieux : auditions séparées de la victime et de l’auteur selon un canevas standardisé, information au procureur si nécessaire, premières mesures de protection, puis transmission du dossier au Ministère public et aux institutions partenaires. Entre l’appel d’urgence et le départ de la patrouille, quatre heures au minimum se seront écoulées.

Lorsque la victime révèle une agression sexuelle, la brigade des mœurs de la police de sûreté est engagée aux côtés de la gendarmerie. Depuis la révision du droit pénal sexuel entrée en vigueur en 2024 et le principe « non, c’est non », l’absence de consentement suffit à qualifier le viol — une évolution qui a permis de systématiser la prise en charge policière de ces situations.

« Qui frappe part » : l’auteur est expulsé du domicile

C’est le principe cardinal du dispositif vaudois, ancré dans la Loi d’organisation de la prévention et de la lutte contre la violence domestique (LOVD) : ce n’est pas à la victime de quitter son logement. Si la situation l’exige, l’auteur est expulsé immédiatement du domicile pour 30 jours, une mesure ensuite examinée par le Tribunal civil. Depuis la révision de la LOVD adoptée en mai 2026, la personne expulsée doit se rendre non plus à un, mais à trois entretiens socio-éducatifs obligatoires, afin de renforcer le travail de responsabilisation des auteurs.

Après l’urgence, une chaîne de partenaires

Le travail de la police s’arrête là où commence celui d’un réseau coordonné par le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH). Chaque institution intervient dans un registre précis :

Et demain ? La surveillance électronique en première ligne

Passer « d’une logique de surveillance des auteurs à une logique centrée sur la protection des victimes » : c’est le cap fixé par le conseiller d’État Vassilis Venizelos, chef du Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité. Concrètement, un projet pilote de surveillance électronique dynamique — l’auteur et la personne à protéger portent chacun un émetteur, permettant une alerte en temps réel — démarre au second semestre 2026 dans le canton de Vaud. Sa généralisation à l’échelle intercantonale est visée dès 2027, sous l’égide de l’association Electronic Monitoring, présidée par le magistrat vaudois.

Ce volet technologique s’inscrit dans un plan de mesures plus large : référents « violences domestiques » dans chaque région, espaces d’audition confidentiels pour les victimes, formation continue renforcée — notamment pour les opératrices et opérateurs du 117 — et évaluation scientifique du dispositif. En amont, le BEFH poursuit son travail de prévention auprès des jeunes avec les programmes « As de cœur » et « ALTernatives ».


💡 Pour aller plus loin

Vous souhaitez comprendre les mécanismes de la violence domestique et connaître l’ensemble des ressources disponibles ? Consultez notre article de prévention. Le dossier complet du PolCant Info n°137 — avec les interviews et les statistiques détaillées — reste disponible en PDF.

Comprendre et lutter contre la violence domestique →👉🏻 Le dossier complet en PDF

Synthèse actualisée en août 2026 par la Communication de la Police cantonale vaudoise, d’après le dossier d’Alexandre Bisenz (PolCant Info n°137) et la statistique policière de la criminalité 2025.

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