GHB, GBL et BD : drogues du violeur

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Ces « drogues du viol » font régulièrement l’actualité. Versées dans les boissons, elles rendent les victimes sans volonté et manipulables, voire inconscientes.

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Qu’en dit la loi ?

Les agressions commises au moyen de ces substances tombent indiscutablement sous le coup des dispositions pénales réprimant les atteintes à la vie et à l’intégrité physique et/ou sexuelle. Les victimes peuvent donc les dénoncer aux autorités de police et, si nécessaire, faire appel aux services dispensés par les centres de consultation LAVI  (conseils, aide immédiate et à long terme, etc.). Par ailleurs, le Code de procédure pénale contient toute une palette de mesures permettant d’optimiser les chances d’élucider ces infractions : auditions, saisie des enregistrements, expertises médicales / ADN, etc.

Comment éviter de consommer de la drogue à votre insu ?

  • Veillez à ce que quelqu’un sache où vous allez et à quelle heure vous serez de retour.
  • Évitez de sortir seul·e.
  • Soyez attentif·ve·s à ce qu’il se passe autour de vous.
  • Si vous buvez, sachez quelles sont vos limites.
  • N’acceptez jamais un verre de quelqu’un en qui vous n’avez pas entièrement confiance.
  • Ne buvez pas quelque chose que vous n’avez pas ouvert et versé ou vu ouvrir et verser.
  • Lorsque vous buvez dans une bouteille, gardez votre pouce au-dessus du goulot.
  • Ne laissez pas votre boisson sans surveillance.
  • Si vous revenez vers votre boisson et qu’elle a été déplacée, qu’elle a l’air différente, qu’elle semble avoir été remplie ou qu’elle a un goût étrange, ne prenez pas de risque et jetez-la.
  • N’oubliez pas que ces substances peuvent non seulement être déposées dans des boissons alcoolisées mais aussi dans des boissons non-alcoolisées comme les sodas, le thé ou le café.
  • Si vous commencez à vous sentir vraiment ivre après seulement un ou deux verres, demandez de l’aide à une personne de confiance ou à un·e membre du personnel de l’établissement. Mettez-vous en lieu sûr dès que possible.

Quels sont les signaux d’alerte ?

Les symptômes de ces drogues varient, mais les victimes font souvent état d’une vision floue et de pertes de mémoire. En plus de cela, les effets ci-dessous sont également généralement rapportés. Ces effets peuvent commencer dans les minutes qui suivent la consommation de la boisson.

  • Sensation de vertige ou d’évanouissement.
  • Se sentir malade ou somnolent·e.
  • Sensation d’ivresse ou de confusion, même si vous n’avez bu qu’une petite quantité d’alcool.
  • Perte de connaissance.
  • Se réveiller en se sentant mal à l’aise et désorienté, avec des trous de mémoire concernant la nuit précédente.

Que faire si vous pensez avoir été drogué·e ?

  • Si vous êtes avec une personne en qui vous avez confiance, demandez-lui de vous aider à rentrer chez vous. Faites néanmoins attention à qui vous faites confiance car des statistiques indiquent que 70% des victimes connaissent leur agresseur·euse·s.
  • Si vous êtes seul·e ou avec un·e inconnu·e, allez voir la personne responsable de la sécurité du lieu et demandez-lui de vous aider. Attendez pendant qu’elle ou il contacte une personne de confiance pour venir vous chercher.
  • Ne laissez pas un·e inconnu·e vous aider. En effet, il pourrait s’agir de la personne qui a mis de la drogue dans votre boisson.

Signaler l’incident

  • Signalez l’incident à la police dès que possible. La plupart des drogues utilisées quittent le corps très rapidement. Plus vite vous êtes testé·e, plus il est probable que la drogue soit encore dans votre organisme.
  • Si vous craignez d’avoir été agressé·e sexuellement alors que vous avez été drogué·e, signalez-le. En cas de besoin, demandez à un·e ami·e de vous accompagner. Veillez également à vous rendre chez votre médecin ou dans une clinique/un hôpital. N’oubliez jamais le risque de maladies sexuellement transmissibles.

En quoi consistent ces substances ?

Derrière les noms chimiques compliqués d’acide gammahydroxybutyrique (GHB), de gammabutyrolactone (GBL) et de butanediol (BD) se cachent trois substances similaires que l’on connaît mieux sous les désignations de « drogues du viol », « gouttes KO » ou encore « ecstasy liquide ». Diverses propriétés font de ces substances les candidates idéales en vue d’une utilisation malveillante. Il s’agit soit d’une poudre incolore soit d’un liquide au goût salé ou légèrement savonneux, et pratiquement inodore. Elles sont miscibles à l’eau et passent inaperçues dans une boisson.

Quels sont leurs effets ?

Un effet euphorisant se manifeste très rapidement, après 15 minutes déjà, et évolue vers un état de fatigue. Un surdosage lors de l’ingestion de ces substances peut provoquer des nausées, des vertiges, une perte de connaissance et une détresse respiratoire. À leur réveil, les victimes ne se souviennent souvent plus de ce qui leur est arrivé. Les effets s’intensifient si ces substances sont combinées à d’autres drogues. En cas d’intoxication, les patient·e·s ont besoin d’une surveillance médicale et d’une assistance respiratoire.

La consommation occasionnelle de ces substances n’entraîne pas de dépendance. En revanche, la prise chronique à des doses élevées induit une dépendance psychique et physique.

Mode opératoire par injection

Certain·e·s auteur·e·s pourraient également agir en injectant directement ces substances à l’aide de seringues hypodermiques. Il est donc conseillé de rester vigilant·e face aux signes d’une potentielle piqûre en soirée (hématome, rougeur, irritation, etc.). Les polices vaudoises conseillent à toute personne qui s’est faite piquer ou pense s’être faite droguer de se rendre au plus vite aux urgences de l’hôpital le plus proche pour une prise en charge adaptée.

Sources : Confédération suisse et Edmonton police service

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