Un contrôle de police peut surprendre ou inquiéter. Pourtant, il fait partie des missions courantes des forces de l’ordre. Pour que tout se déroule dans le respect et la compréhension mutuels, il est essentiel de connaître ses droits et ses devoirs. Voici les points essentiels à retenir.

Pourquoi la police effectue-t-elle des contrôles ?

La police a pour mission de protéger les personnes, d’assurer la sécurité publique et de faire respecter les lois. Dans ce cadre, elle peut être amenée à contrôler votre identité.

Un contrôle ne peut toutefois pas être fondé uniquement sur l’apparence, l’origine ou la tenue vestimentaire d’une personne. Chaque intervention doit respecter la dignité et les droits fondamentaux.

Vos droits lors d’un contrôle

Lors d’un contrôle, vous bénéficiez de plusieurs droits :

Ces droits visent à garantir un traitement respectueux et transparent.

Les devoirs de la police lors d’un contrôle

Selon la situation, la police doit :

En principe, un homme est fouillé par un policier et une femme par une policière. Les personnes transgenres ou intersexuées peuvent discuter avec les agentes et les agents pour déterminer la manière la plus respectueuse de procéder.

Concernant les téléphones portables :

Une perquisition à domicile nécessite également une autorisation d’un magistrat, sauf en cas d’urgence.

Dans tous les cas, la police doit respecter la confidentialité. Cela signifie que votre cas n’est pas discuté en dehors du cadre professionnel.

Vos obligations

Lors d’un contrôle, vous devez :

En cas de résistance, la police peut recourir à la contrainte, de manière proportionnée.

Elle peut aussi vous emmener au poste si votre identité ne peut pas être vérifiée sur place ou si elle soupçonne une infraction.

Lois applicables

L’action de la police est encadrée notamment par :

Les personnes mineures bénéficient en outre de règles spécifiques issues du droit pénal des mineurs. Leurs représentantes et représentants légaux doivent être informés en cas d’interpellation.

En cas de désaccord ou de problème

Si une situation vous semble injuste ou irrespectueuse :

Connaître ces règles permet de vivre un contrôle de manière plus sereine et de contribuer à un climat de confiance entre la population et les forces de l’ordre.

Téléchargez la brochure à ce sujet !

Brochure « Contrôle de police : ce que vous devez savoir » des polices vaudoises (français) – WEB

Brochure « Contrôle de police : ce que vous devez savoir » des polices vaudoises (français) – BAT

Brochure « Police identity checks : What you need to know » des polices vaudoises (anglais) – WEB

Brochure « Police identity checks : What you need to know » des polices vaudoises (anglais) – BAT

Le dossier ci-dessous est tiré du numéro 137 de PolCant Info, le magazine semestriel d’information de la Police cantonale vaudoise, rédigé par Alexandre Bisenz.

Vaud : Portrait du dispositif contre les violences domestiques

Appelée cinq fois par jour pour des cas de violences domestiques, la police œuvre sans relâche contre ce phénomène qui prend de l’ampleur chaque année. Elle est toutefois accompagnée dans ce combat par d’autres partenaires institutionnels, chacun dans un rôle précis. Le dossier que nous vous présentons vous permettra de comprendre comment s’orchestre la lutte contre ce fléau qui touche de nombreuses familles dans notre canton.

En 2024, plus de 1700 cas de violences domestiques ont été rapportés chaque jour à la police, soit près de cinq par jour, ce qui représente une hausse de 9% par rapport à 2023. Plus de 70% des victimes de violence entre partenaires et ex-partenaires sont des femmes. Ces chiffres illustrent la persistance d’un fléau qui touche tous les milieux sociaux. Les homicides commis dans le canton de Vaud en 2024 l’ont été contre des femmes et relevaient de la sphère domestique, rappelant l’urgence d’une prise en charge coordonnée et efficace.

Face à cette réalité, le canton de Vaud, via le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH), a renforcé le dispositif de prise en charge de ce phénomène. Aussi, l’adoption de la Loi d’organisation de la prévention et de la lutte contre la violence domestique (LOVD) en 2017 a transformé l’approche traditionnelle, passant d’interventions isolées à une stratégie coordonnée mobilisant l’ensemble des acteurs, qu’ils soient institutionnels ou associatifs. La police en fait partie, bien évidemment.

Un phénomène national persistant

À l’échelle suisse, près de 21’000 infractions liées aux violences domestiques sont enregistrées chaque année par la police. En 2023, 25 homicides ont été recensés dans la sphère domestique au niveau national, confirmant que ces violences constituent la principale cause de mortalité violente en Suisse (hors accidents de la route). Une personne meurt toutes les deux semaines des conséquences de la violence domestique, soit 25 personnes par an en moyenne, dont 4 enfants.

Une réponse cantonale coordonnée

La spécificité vaudoise réside dans l’articulation de multiples acteurs autour d’un objectif commun : briser le cycle de la violence et protéger les victimes. Cette approche systémique mobilise des compétences complémentaires, depuis l’intervention d’urgence jusqu’à la prise en charge thérapeutique, en passant par l’accompagnement judiciaire et social.

Les polices vaudoises, primo-intervenantes dans les situations de crise, jouent un rôle pivot dans ce dispositif. Formées aux spécificités de ces interventions, elles évaluent immédiatement la dangerosité de la situation et activent les mesures de protection appropriées, notamment l’expulsion du domicile de l’auteur des violences. Cette procédure, application du principe « qui frappe part », a connu une évolution spectaculaire : de 15 expulsions annuelles avant la LOVD adoptée en 2017, le canton en comptabilise désormais plus de 500 par an.

Une approche complémentaire

Mais les forces de l’ordre ne sont pas les seules à faire face : elles peuvent compter sur des partenaires compétents et organisés qui prennent le relais une fois l’intervention d’urgence terminée. L’Équipe mobile d’urgences sociales (EMUS) se rend sur place pour assurer une prise en charge immédiate des victimes, tandis que le centre LAVI Vaud, issu de la Loi sur l’aide aux victimes d’infractions, garantit un accompagnement juridique et psychologique spécialisé. Le centre d’hébergement d’urgence MalleyPrairie offre une solution de mise à l’abri immédiate pour les femmes et leurs enfants, complétée par les services du Centre Prévention de l’Ale qui assure la prise en charge des auteurs. L’Unité de médecine des violences (UMV) du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) apporte une dimension médicale au dispositif en permettant de documenter les traces de violences afin de constituer un dossier pour d’éventuelles suites judiciaires.

Enfin, la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ) intervient spécifiquement pour protéger les mineurs, avec 689 signalements recensés en 2024, en augmentation par rapport à la moyenne annuelle de 591 signalements des années précédentes. Cette hausse témoigne d’une meilleure détection des situations à risque, mais aussi de la vulnérabilité particulière des enfants exposés aux violences conjugales. Le Ministère public du canton de Vaud a développé une expertise spécialisée en créant des unités dédiées au traitement de ces affaires. Cette spécialisation permet une meilleure compréhension des mécanismes de la violence domestique et une adaptation des poursuites pénales aux spécificités de ces dossiers.

Les défis de demain

Malgré ces avancées, les chiffres rappellent l’ampleur du défi. La hausse continue des interventions interroge : reflète-t-elle une augmentation réelle des violences ou une meilleure détection liée à l’amélioration du dispositif ? Les professionnels penchent pour une combinaison des deux facteurs, soulignant que la libération de la parole, encouragée par les campagnes de sensibilisation, révèle l’ampleur d’un phénomène longtemps occulté.

Infractions de violences domestiques – Canton de Vaud

Statistiques détaillées des infractions de violences domestiques (2018-2024)

Infractions de violences domestiques
dans le canton de Vaud
2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Homicides consommés (art. 111-113/16) 3 2 3 0 3 7 4
Homicides tentés (art. 111-113/16) 8 8 6 3 5 5 3
Lésions corporelles graves (art. 122) 3 3 6 2 3 3 5
Lésions corporelles simples (art. 123) 151 155 110 112 144 134 168
Voies de fait (art. 126) 1130 1490 1464 1432 1245 1276 1423
Mise en danger de la vie d’autrui (art. 129) 5 8 3 8 10 9 16
Injure (art. 177) 954 1339 1224 1165 1060 1081 1140
Utilisation abusive d’une installation
de télécommunication (art. 179septies)
89 53 53 37 41 60 66
Menaces (art. 180) 769 886 810 792 648 700 795
Contrainte (art. 181) 8 16 12 9 14 21 30
Séquestration et enlèvement (art. 183/184) 7 2 4 4 7 3 6
Actes d’ordre sexuel
avec des enfants (art. 187)
65 64 48 58 77 66 63
Actes d’ordre sexuel
avec des pers. dépendantes (art. 188)
0 0 0 0 1 0 0
Atteinte et contrainte sexuelles (art. 189)² 49 75 59 61 63 36 40
Viol (art. 190) 19 14 19 14 14 47 84
Actes d’ordre sexuel sur personne
incapable de discernement (art. 191)
4 1 5 2 4 9 8
Autres articles du CP³ 73 64 63 68 83 74 92
Total infractions de violences domestiques 3337 4180 3889 3767 3422 3531 3943

« Il faut passer d’une logique de surveillance des auteurs à une logique centrée sur la protection des victimes »

Vassilis Venizelos, Conseiller d’Etat, Chef du Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité

Pour le chef du Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité, comme pour l’ensemble du Conseil d’Etat, la lutte contre les violences domestiques est une priorité absolue. Le gouvernement travaille à renforcer tous les axes de son action, notamment par le déploiement de nouvelles mesures au sein des polices. Vassilis Venizelos insiste aussi sur la nécessité de développer la surveillance électronique active.

Interview du Conseiller d’État en charge de la sécurité

En matière de lutte contre les violences domestiques, le Canton de Vaud a mis sur pied un dispositif coordonné. Comment fonctionne-t-il ?

La prise de conscience du conseil d’Etat face au phénomène des violences domestiques – qui touche une famille sur cinq – ne date pas d’hier. Un dispositif coordonné a été mis sur pied il y a une dizaine d’années et développé depuis. Cette stratégie implique la coopération de tous les acteurs, de la prévention à l’intervention en passant par le suivi, qu’il soit répressif, thérapeutique ou social. En 2015, l’adoption par le Canton du principe « qui frappe part » a changé la donne et le nombre d’expulsions d’auteurs de violences suite à une intervention de police a explosé, contribuant à une meilleure protection des victimes.

Plusieurs services de l’Etat participent à ce dispositif, ainsi que l’intégralité de la chaîne pénale. Le DJES est en première ligne avec les interventions d’urgence de la Polcant ou la détention des auteurs. Mais aussi avec l’action de la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse qui prend en charge les enfants victimes de violences familiales qui sont de plus en plus nombreux – un signalement sur trois est concerné. Le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) joue également un rôle majeur, avec notamment la prise en charge thérapeutique ou les foyers d’hébergement pour les femmes victimes. Enfin, le BEFH (Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes) coordonne l’action de tous les acteurs impliqués.

Face à l’augmentation des infractions en matière de violences domestiques, ce dispositif est-il vraiment adapté ?

Le dispositif est efficace. L’augmentation du nombre d’interventions par les polices vaudoises le montre. Si ce chiffre est inquiétant (1722 interventions en 2024, +9% par rapport à 2023), il s’explique en partie par une meilleure détection des cas et un climat plus propice aux dénonciations. Cela dit, nous pouvons et nous devons encore améliorer notre prise en charge, en particulier au niveau de la gestion de la menace. L’année dernière, les 4 homicides enregistrés sur le territoire vaudois étaient tous des féminicides à la suite de violences domestiques. On ne peut pas l’accepter. C’est pour cela que j’ai demandé à mes services de travailler à l’élaboration d’un plan de mesures pour améliorer encore la prestation générale d’accompagnement aux victimes, adultes et enfants, après l’intervention d’urgence. Par exemple, en instaurant la présence dans chaque région de spécialistes référents en matière de violences domestiques mais aussi avec des mesures dans le domaine de la formation continue et de la prévention policière. L’ensemble des polices du canton est concerné par ce plan dont le déploiement va s’échelonner sur le moyen- long terme.

Quelles sont les autres nouvelles mesures de ce plan d’action violences domestiques ?

Une victime doit pouvoir bénéficier de la même prise en charge, qu’elle soit à Etoy ou à Château-d’Oex. Nous allons donc renforcer la coordination entre les différentes forces de polices actives sur le territoire vaudois dans le cadre des interventions d’urgence et standardiser les processus au niveau de la police coordonnée. Outre les nouveaux référents par région, nous allons aussi créer des espaces d’accueil confidentiels, confortables et rassurants pour accueillir les victimes en cas d’auditions ou dépôts de plainte. Des formations continues spécifiques dans le but de renforcer la détection des situations de violences doivent aussi être pensées, par exemple pour les opératrices et opérateurs du 117, qui sont en première ligne, mais aussi pour les référents spécialistes en matière de violence domestiques. Enfin, nous prévoyons d’évaluer scientifiquement le dispositif.

Le recours à la surveillance électronique est régulièrement évoqué pour freiner les violences domestiques, où en est-on ?

Le système de surveillance actuel permet d’exercer un contrôle a posteriori sur les auteurs de violence. Dans ces cas, ce système dit « passif » fonctionne bien. Mais pour protéger efficacement les victimes de violences domestiques, nous avons besoin de mettre sur pied un vrai dispositif de « surveillance active ». Il faut passer d’une logique de surveillance à une logique centrée sur la protection des victimes. Cela permettra de localiser les agresseurs et d’intervenir en temps réel ou presque, avec une gestion immédiate des messages d’alerte. Et en la matière, il est temps de mettre les bouchées doubles. La peur doit changer de camp. En tant que président de l’association EM Electronic monitoring (ndlr : créée par la Conférence des chefs des départements cantonaux de justice et police – CCDJP – et qui regroupe aujourd’hui 22 cantons, 23 dès le 01.01.26 avec l’arrivée du Jura), j’ai la ferme intention de faire avancer ce projet. Sur la base d’un projet pilote mené à Zurich, qui a rendu ses résultats en septembre dernier, nous allons pouvoir proposer un dispositif clé en main d’ici le printemps pour mener des tests dans les différents cantons.

Que faut-il retenir du projet-pilote zurichois de surveillance électronique ?

Zurich est le seul canton à avoir expérimenté la surveillance électronique active dynamique (port simultané d’émetteurs par l’agresseur et la personne à protéger). Ce projet pilote a montré qu’il est possible de déployer un dispositif efficace avec peu de ressources. L’association Electronic Monitoring salue ces résultats qui soulignent la pertinence de cette approche. Mais ce projet pilote montre également qu’un tel système ne peut déployer pleinement son efficacité que s’il est mis en œuvre de manière coordonnée entre les cantons, afin d’avoir une couverture géographique optimale. Cela constitue un défi pour notre fonctionnement fédéraliste. Le Canton de Vaud veut donner l’exemple. Nous devons saisir l’opportunité de ma présidence d’Electronic monitoring pour aller de l’avant. Mais je le répète : le recours au bracelet électronique n’est pas la solution miracle. Il s’agit d’un moyen pour lutter contre les violences domestiques qui doit s’inscrire dans un ensemble de mesures cohérent et adapté aux besoins des personnes à protéger.

Quels défis concrets pour les forces de police poserait la mise en œuvre de la surveillance électronique active dans le canton de Vaud ?

Pour qu’un dispositif de surveillance active soit efficace, il nécessite la mobilisation de ressources tant humaines que technologiques, ainsi que la mise en place d’une série d’actions concrètes : le renforcement du processus de transmission de l’information et l’établissement de protocoles d’engagement clairs entre les différents acteurs de la chaîne pénale mais également entre les cantons. Un projet pilote pourrait permettre de tester ces processus à l’échelle cantonale. Il mettrait aussi en lumière les principaux défis dont il faudrait tenir compte en cas de généralisation de la pause des bracelets. J’ai bon espoir que nous puissions avancer sur du concret dès 2027.


Le ministère public a mis sur pied un pôle de compétences

Le Ministère public vaudois a créé en 2023 un pôle de compétences spécialisé dans les violences domestiques. Chaque arrondissement dispose désormais de référents formés qui instruisent leurs collègues et traitent les cas complexes. Rencontre avec la procureure Laurence Brenlla, porteuse de ce projet.

Ministère public central à Renens (photo Thomas Jantscher)

Le Ministère public vaudois et son pôle de compétences spécialisé

Face à l’évolution rapide des connaissances sur les violences domestiques, le Ministère public vaudois a créé fin 2023 un pôle de compétences spécialisé. Désormais, chaque arrondissement du canton dispose d’une personne référente et d’un suppléant spécifiquement formés aux violences domestiques. Cette nouvelle architecture marque une évolution au sein du Ministère public, où les référents se contentaient d’apporter un soutien ponctuel dans le traitement des affaires. « Maintenant, ils forment les autres procureurs à cette problématique, explique la procureure Laurence Brenlla, référente du domaine. Cette approche vise à diffuser l’expertise au sein de l’institution, garantissant une prise en charge tenant compte des évolutions. » Ainsi formés, les référents prennent également en main les dossiers plus délicats comme les récidives dans les cas de violences domestiques, ainsi que certaines affaires comportant une dimension sexuelle. Cette prise en charge s’appuie sur leurs connaissances approfondies dans ces domaines acquises lors de leurs formations.

L’adaptation aux évolutions scientifiques

Les premiers retours de cette organisation se révèlent positifs, encourageant le Ministère public à poursuivre dans cette voie. Dès cet automne, une formation complète à l’attention de tous les procureurs d’arrondissement viendra compléter le dispositif, et sera dispensée ensuite à tous les nouveaux magistrats. « Les avancées scientifiques progressent constamment et cela doit être pris en compte dans l’approche judiciaire », souligne Laurence Brenlla.

Cette réorganisation répond d’autre part à l’impératif de la Convention d’Istanbul, ratifiée par la Suisse en 2021, qui exige notamment des États signataires qu’ils forment leurs professionnels aux spécificités des violences domestiques. Le texte européen impose une approche globale et coordonnée de ces violences.

Coordination avec les partenaires

Au-delà de la spécialisation interne, le pôle de compétences vise à renforcer les liens avec les autres acteurs. « Nous consolidons les relations avec les autres intervenants via des rencontres annuelles, explique Laurence Brenlla. Cette approche collaborative reconnaît que la réponse judiciaire ne peut être efficace qu’en ayant une bonne connaissance du dispositif plus large de prise en charge. » D’autre part, les procureurs référents donnent un certain nombre de conférences : ils ont notamment participé à la Journée du réseau organisée annuellement par le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes, occasion de débattre d’un thème spécifique lié aux violences domestiques. Cette coordination s’intensifie également dans le cadre de la Commission cantonale de lutte contre les violences domestiques (CCLVD), où magistrats, policiers, travailleurs sociaux et professionnels de la santé échangent régulièrement sur leurs pratiques.

Un changement de paradigme

Il apparaît que cette évolution de la prise en charge des affaires de violences domestiques relève, de la part du Ministère public, d’une prise de conscience plus large : les violences domestiques ne peuvent être traitées efficacement qu’à travers une approche pluridisciplinaire, combinant expertise judiciaire, connaissances scientifiques et coordination avec les partenaires.


Le bureau de l’égalité, grand coordinateur

Institution pionnière dans ce combat, le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) coordonne les actions en matière de prévention et de lutte contre les violences domestiques dans le canton de Vaud. Explications.

Le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) : coordination et prévention

« La mission du BEFH consiste à encourager la réalisation de l’égalité entre les sexes dans tous les domaines, que ce soit auprès du grand public, des entreprises et des institutions, explique Maribel Rodriguez, cheffe du Bureau depuis 2017. Nous œuvrons selon deux grands axes : la coordination des actions sur le terrain et la réalisation de campagnes d’information et de formation. Notre rôle consiste également à faire le lien entre les acteurs et les décideurs : ainsi, nous pouvons contribuer à faire évoluer la loi. »

Pour ce qui est des violences domestiques, l’adoption de la Loi vaudoise d’organisation de la prévention et de la lutte contre la violence domestique (LOVD) en 2017 a permis de renforcer la coordination entre les acteurs principaux, dont les centres LAVI (dérivant de la Loi fédérale sur l’aide aux victimes), l’Équipe mobile d’urgences sociales (EMUS), le centre MalleyPrairie, le Centre de prévention de l’Ale et l’Unité de médecine des violences (UMV). De leur côté, le Ministère public et la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ) ont renforcé leur dispositif pour faire face à ce fléau.

Trois années importantes pour renforcer la lutte

La cheffe du BEFH reprend : « Trois années charnières ont fait évoluer la prise en charge des violences domestiques dans le canton de Vaud. La première est l’année 2017 avec l’adoption de la LOVD qui a, entre autres, ancré le principe « qui frappe part », soit l’éloignement des auteurs de violences du domicile conjugal avec obligation de se rendre à un premier entretien socio-éducatif. » On est ainsi passé de 30 expulsions par an avant 2015 à plus de 500 l’année dernière. Cette loi a accru la protection des victimes et renforcé le suivi des auteurs. La deuxième année importante est 2021, suite à la ratification par la Suisse de la convention d’Istanbul, ce traité européen qui amène les États signataires à prendre des mesures concrètes afin d’éliminer toute forme de violence domestique sur leur territoire. Le Canton s’est doté d’un Plan de mise en œuvre afin de s’assurer de remplir les exigences de la Convention. Et en 2024, l’action du Bureau de l’égalité a encore été renforcée par l’adoption du nouveau droit pénal en matière sexuelle, au mois de janvier. Cette révision approuvée par le Parlement national, marque une étape importante en élargissant les infractions de viol et de contrainte sexuelle. Elle a notamment introduit le principe du « non, c’est non » qui exige le consentement explicite ou implicite (notamment avec la notion de sidération) du ou de la partenaire pour toute relation sexuelle. Ces évolutions législatives nous ont permis de faire des avancées significatives dans notre lutte.»

Des campagnes d’information et des formations

Le BEFH développe également un volet consacré à la formation et à l’information de la population. Dans ce cadre, il propose des formations pour les professionnels de divers domaines. Pour les plus jeunes, il propose différents programmes, comme « As de cœur » pour les 11-13 ans, la campagne sur les réseaux sociaux « amoureux.se » et le jeu numérique « ALTernatives – pour une relation sans violence », tous deux proposés aux 16-25 ans. Enfin, il effectue des recensements qui permettent d’avoir une vue d’ensemble sur le phénomène.


« La police est de plus en plus sollicitée »

Les forces de l’ordre sont régulièrement amenées à intervenir en urgence pour des violences domestiques et à chaque intervention, les patrouilles font face à des situations dramatiques, impliquant parfois des personnes qui pourraient être armées. La caporale Caroline Parisi, qui est intervenue sur une centaine de cas, explique la complexité de ces interventions, qui sont toutes délicates.

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Le travail de la police lors des interventions pour violences domestiques

Quatre à cinq fois par jour, le 117 est sollicité pour des violences domestiques. Lorsque la centrale reçoit un appel, une patrouille de gendarmerie ou d’une police communale est immédiatement dépêchée sur place. Sur le terrain depuis plus de 12 ans, la caporale Caroline Parisi a déjà traité plus d’une centaine de cas de violences domestiques. Elle explique : « Pour nous, les interventions pour des violences domestiques sont toujours délicates. Nous les prenons très au sérieux et nous essayons de nous préparer au mieux durant le trajet. Nous nous renseignons principalement sur le foyer dans lequel nous intervenons : y a-t-il des antécédents, une arme est-elle inscrite ? Ces éléments changeront la manière dont nous agirons. Nous devons toujours procéder avec la plus grande prudence. »

« Sur place, nous devons être attentifs à tous les signes »

Pour les intervenants, il y a toujours un moment de tension devant la porte du logement. « Nous essayons d’abord d’identifier les éventuels bruits qui pourraient nous renseigner sur l’état de la crise. Une fois dans le foyer, nous faisons attention à notre sécurité et celle des personnes impliquées, car nous ne savons pas comment nous allons être reçus. »

Chaque intervention dure plus de quatre heures

En général, la présence des gendarmes ramène le calme et il devient possible de commencer la procédure. Avant toute chose, il faut veiller à la mise en sécurité de la victime et des enfants. Ensuite, il faudra prendre les premiers renseignements et déterminer s’il s’agit bien d’une violence domestique.

Caroline Parisi reprend : « Il faut comprendre que chaque intervention prend environ quatre heures. C’est le temps qu’il faut pour que la situation revienne au calme, pour que nous menions de manière séparée les auditions de l’auteur et de la victime, qu’un procureur soit avisé si besoin, que les premières mesures soient prises et que le cas soit formellement transmis au Ministère public. Ensuite, nous allons renseigner les institutions partenaires. » Dans ce genre d’affaires, les auditions prennent du temps, car il faut faire remonter les éléments importants et les antécédents du couple. Pour cela, elles se déroulent selon un canevas préparé à l’avance afin de récolter les mêmes éléments de la part de l’auteur et de la victime, mais surtout, pour ne rien oublier. Les déclarations seront ensuite comparées puis le rapport d’intervention sera transmis à la justice, ce qui enclenchera une procédure.

L’expulsion de l’auteur

Si l’expulsion est décidée par le ou la chef-fe de section de la Gendarmerie mobile, qui est informé-e de tous les cas de violences domestiques, l’auteur doit quitter le logement immédiatement, et ce, pour une durée de 30 jours. Dans ce cas, les patrouilles lui demandent de préparer ses affaires, de quitter le logement. Le cas sera ensuite évalué par le Tribunal civil pour la durée de la mesure.

L’urgence passée, l’affaire est transmise au Ministère public et aux institutions partenaires

Lorsque l’intervention d’urgence est terminée, le rôle des primo-intervenants s’achève et la patrouille pourra être immédiatement envoyée sur une autre urgence dans le canton. De son côté, la Police de Sûreté, via la brigade des mœurs, procédera à des auditions complémentaires si des faits d’agression sexuelle sont annoncés par la victime. Dès cet instant, ce sont les partenaires institutionnels (EMUS, LAVI, Centre d’accueil Malley-Prairie, ALE, UMV et DGEJ) qui prendront en charge l’auteur et la victime pour assurer un suivi, en fonction des situations.

Caroline Parisi conclut : « Toutes ces mesures prennent du temps. Encore une fois, entre l’appel d’urgence au 117 et notre départ du foyer en crise, minimum quatre heures se seront écoulées et ces interventions nous sont demandées quatre à cinq fois par jour. Nous faisons notre part, mais nous devons être unis dans cette lutte pour parvenir à infléchir la courbe des cas de violences domestiques sur le territoire vaudois. »

Statistiques de l’Office fédéral de la statistique (OFS) – 2018-2024

Nombre d’affaires officiel
de l’Office fédéral de la statistique (OFS)
2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Nombre de cas rapportés 1549 1820 1681 1617 1499 1582 1722
Infractions de violence domestique 3337 4180 3889 3767 3422 3531 3943

« La police de sûreté est impliquée en cas d’agression sexuelle »

La police de sûreté, via la brigade des mœurs, est impliquée dans les enquêtes sur les violences domestiques, lorsqu’en plus de la violence elle-même, des agressions sexuelles ont été commises. Explications de Max Vilmenay, remplaçant chef de la brigade des moeurs.

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La police de sûreté et la prise en charge des agressions sexuelles

« Nous ne sommes pas systématiquement engagés pour les cas de violences domestiques, explique le commissaire adjoint Max Vilmenay, remplaçant chef de la brigade des mœurs. Mais lorsqu’il y a eu viol ou contrainte sexuelle déclarée par la victime dans le cadre d’une violence domestique, une prise en charge commune est effectuée entre la Gendarmerie et notre brigade. L’audition de la victime est effectuée par la Gendarmerie et l’auteur l’est par la permanence sûreté. Les collaborateurs des mœurs sont toujours à disposition pour les collègues primos-intervenants afin de relire l’audition de la victime. »

Changement de loi en 2024 : « Non, c’est non »

Une grande évolution a eu lieu avec un changement de loi en 2024. Max Vilmenay explique : « Le code pénal a changé et dans le cadre d’une relation sexuelle, il a instauré le principe du « Non, c’est non » qui implique que la femme doit avoir donné son accord explicite (refus verbal et non verbal) pour qu’une relation sexuelle ait lieu. Le non-respect de ce principe par l’auteur peut maintenant être qualifié de viol par les magistrats. Bien sûr, nous agissions déjà avant ce changement, mais l’évolution de 2024 nous permet maintenant de systématiser nos prises en charge. »

Avant tout, il est important pour la brigade des mœurs de confirmer qu’il y a eu une infraction d’ordre sexuel. « Pour ce faire, reprend Max Vilmenay, nous avons créé une capsule vidéo ainsi qu’un aide-mémoire pour mener les auditions, de sorte toutes les personnes victimes d’agression sexuelle suivent la même procédure. Cette marche à suivre est destinée à identifier les sept caractéristiques que l’on doit retrouver dans une plainte pour agression sexuelle. À la fin de cette audition, nous devons avoir reçu toutes les informations importantes, car il n’est pas souhaitable de retourner vers la victime plusieurs jours plus tard pour obtenir des éléments complémentaires. »

Agressions sexuelles : les trois cas de figure

Concernant les agressions sexuelles, il existe trois cas de figure et trois manières de les prendre en charge. Il y a d’abord les cas de viol, de contrainte ou d’atteinte sexuelle qu’une victime vient spontanément annoncer à la police. La Brigade des mœurs procédera à tous les actes d’enquête – avec l’audition de la victime et d’éventuels témoins avant d’entendre l’auteur. Ce dernier sera convoqué pour son audition et sera dénoncé au Ministère public.

Dans le deuxième cas de figure, la victime d’une violence domestique fait des révélations à ce sujet aux intervenants au cours de la procédure de violence domestique. La Gendarmerie procédera à l’audition de la victime selon le canevas fourni. Quant à la permanence de la police de sûreté, elle prendra alors en charge le prévenu au matin afin de compléter le dossier de violence domestique, qui sera ensuite transmis au Ministère public pour la suite de la procédure.

Le troisième cas concerne des désagréments d’ordre sexuel, comme des attouchements, des comportements ou des paroles obscènes. Ces cas restent dans les mains des primo-intervenants, Gendarmerie ou police communale, avec une prise de plainte.

Ainsi, bien que le nombre de cas augmente chaque année, l’évolution du cadre légal et des procédures renforcent l’efficacité du travail de la police (Gendarmerie – Sûreté) dans un domaine où la parole de la victime est mise au centre de nos préoccupations.


Plusieurs institutions viennent en aide aux victimes de violences

Chacun dans son registre, les partenaires de la lutte contre les violences domestiques coordonnent leurs actions pour soutenir à la fois les victimes et les auteurs. Présentation des principales institutions du canton de Vaud qui œuvrent aux côtés des forces de l’ordre.

Institutions Partenaires

L’EMUS : pour les premières mesures socio-médicales

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« L’EMUS prend en charge le volet socio-médical des interventions d’urgence, explique la responsable Anna Laget. Ainsi, lorsque nous sommes sollicités par les forces de l’ordre pour une violence domestique, nous nous rendons sur place et nous procédons à une première évaluation médicale et psychologique de la victime. Nous réalisons parfois quelques soins légers et nous la renseignons sur les aides qu’elle peut solliciter. L’intervention de l’EMUS permet souvent à la victime de s’ouvrir sur des difficultés financières ou matérielles. Aussi, sur délégation des centres Lavi, l’EMUS peut, dans l’urgence, débloquer une aide financière pour que la personne et sa famille puissent se nourrir ou acheter un téléphone portable. Nous la renseignons notamment sur l’existence de la LAVI et de l’Unité de médecine des violences. Si l’auteur est expulsé du foyer, nous examinons le logement pour évaluer son niveau de sécurité. S’il n’est pas suffisant, nous proposons à la victime de se rendre au centre d’hébergement MalleyPrairie. Nous ne faisons que des propositions, car en finalité, toutes les décisions seront prises par la victime. »

L’Équipe mobile d’urgences sociales (EMUS) est une structure d’Unisanté. Elle prend en charge les personnes en situation de précarité, de vulnérabilité ou de troubles mentaux, que ce soit à domicile ou sur le domaine public. Anna Laget reprend : « Depuis 2016, nous avons un mandat cantonal pour intervenir auprès de toutes les violences domestiques après expulsion de l’auteur (art 28B CC). Durant l’année 2024, nous sommes intervenus auprès de 3’500 personnes en difficulté, dont 350 victimes de ces violences. Toutes ces interventions sont des cas d’urgence. Nous restons avec la personne le temps qu’il faut, afin de nous assurer qu’elle ne court pas un danger vital et que toutes les informations lui ont été transmises. En général, nos interventions durent une heure, après quoi, ce sont la justice et les autres partenaires qui prennent en charge les auteurs et les victimes. »

La LAVI : pour l’aide d’urgence aux victimes

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Présents dans tous les cantons, les Centres LAVI sont des centres de consultation prévus par la Loi fédérale sur l’aide aux victimes (LAVI). Son but : renforcer les droits des victimes et apporter une aide psychologique, juridique ou financière aux victimes et à leurs proches dans le cadre de différentes sortes d’événement ayant occasionné des lésions corporelles graves, comme un accident de la route, une erreur médicale, une menace, un viol, des violences domestiques, une tentative d’homicide, etc.

« Les victimes s’adressent à nous spontanément ou nous les contactons, à leur demande, lorsque nous recevons un signalement de la police, explique Naima Topkiran, cheffe de service depuis le début de l’année. L’accès aux prestations et possible, sans dépôt de plainte et même si l’auteur n’est pas identifié. Avant tout, nous mettons la victime au centre de notre action et essayons de comprendre ses besoins. Le fait de la reconnaître comme victime est très important pour elle, car cela lui permettra de ne pas se sentir coupable. Notre centre traite près de 4’300 dossiers par année et dans ce chiffre, plus de 1’500 sont des cas de violences domestiques qui nous sont signalés par la police, c’est beaucoup… et le phénomène prend de l’ampleur. »

Dans le détail, trois types de soutien sont proposés par la LAVI : le soutien psychologique, qui porte son attention sur les éventuelles réactions de stress aigu induites par la situation de violence subie, le soutien juridique qui informe la victime sur ses droits et sur les démarches juridiques qu’elle peut entreprendre, et enfin, le soutien financier qui prévoit une aide immédiate ou à plus long terme selon les cas. Naima Topkiran complète : « Notre prise en charge est limitée dans le temps. Elle dure le temps que les suivis psychologique et juridique se mettent en route. »

La Direction générale de l’enfance et de la jeunesse : pour protéger les enfants

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« Elle jouait dans sa chambre… », « Il dormait, il n’a rien entendu… » : ces phrases traduisent une fausse croyance. Même sans être directement agressés physiquement, les enfants exposés à la violence conjugale en souffrent. Ils sont des victimes à part entière. Dans le canton de Vaud, la violence domestique est la première cause de signalement d’enfants en danger dans leur développement, représentant 30% des cas.

Pour les protéger, la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ) a mis en place un dispositif où la police joue un rôle clé. Lors d’interventions à domicile au motif de violence domestique, les rapports de police sont transmis à la DGEJ. Selon la gravité, une mesure de protection est mise en place, avec ou sans mandat judiciaire. Et dans les situations qui ne requièrent pas une action de protection, il y a, à minima, un courrier d’information et de prévention qui est adressé aux parents pour les rendre attentifs aux conséquences néfastes sur le développement de l’enfant d’une exposition à la violence dans le couple parental.

Le CAN Team, Unité hospitalière de protection de l’enfant et de l’adolescent du CHUV, propose une consultation psychologique spécialisée. Lors de deux séances, l’enfant peut s’exprimer sur son vécu et ses besoins, sans qu’on investigue les faits de violence survenus. Une évaluation est menée et des recommandations sont transmises aux parents. Ce service, financé par la DGEJ, est gratuit pour les familles.

La garde des enfants et le droit de visite en contexte de violence requièrent une vigilance extrême. La garde alternée peut être inadaptée, voire dangereuse. La DGEJ suit les recommandations de la Conférence suisse contre la violence domestique (CSVD) pour guider les autorités judiciaires. Enfin, il est nécessaire de renforcer la formation des professionnel·le·s (DOSAVI, Centre MalleyPrairie, etc.) pour améliorer la détection et l’orientation des situations. Protéger les enfants de la violence domestique est un enjeu majeur de santé publique. La coopération Police–DGEJ est essentielle pour briser le cycle de la violence et garantir à chaque enfant un environnement sécurisé et propice à son développement.

L’Unité de médecine des violences : pour documenter les violences

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Les victimes de violences peuvent faire constater leurs blessures par le corps médical. « Le rôle de l’UMV (Unité de médecine des violences) consiste à établir la documentation médico-légale des violences vécues, explique la médecin-cheffe Nathalie Romain-Glassey, responsable de l’Unité. Les victimes pourront ensuite l’utiliser dans une procédure pour les aider à faire valoir leurs droits. »

Ces consultations sont assurées par une équipe infirmière spécifiquement formée qui travaille en collaboration étroite avec des médecins légistes. Nathalie Romain-Glassey reprend : « Notre démarche commence par un accueil et une écoute attentive permettant aux personnes qui s’adressent à nous de raconter les évènements violents auxquels elles ont été confrontées. Puis nous procédons à un examen physique, ce qui nous permettra d’élaborer un constat qui sera accompagné des photographies des lésions. »

L’UMV a été créée en 2006 et s’adresse à toute victime adulte. Les mesures mises en œuvre à cette époque avaient mis en évidence le besoin d’une structure médico-légale spécialisée dans la prise en charge des adultes victimes de violences conjugales. Mais outre les violences domestiques – qui représentent environ 40% des demandes – l’UMV s’adresse à toutes les personnes qui ont subi une agression sur la voie publique, sur le lieu de travail, au domicile, etc. « Selon les cas, l’UMV proposera une orientation au sein du réseau des institutions et associations partenaires, comme les centres LAVI ou MalleyPrairie. Malheureusement, malgré tout ce qui est mis en place au niveau cantonal, le nombre de demandes de consultations grandit d’année en année. C’est un vrai défi que nous devrons relever », conclut Nathalie Romain-Glassey.

Centre de l’Ale : pour donner la parole aux auteurs

Logo Centre de l'Ale

Depuis l’adoption de la Loi vaudoise contre les violences domestiques (LOVD) de 2017, les auteurs de violences ont l’obligation de se rendre au centre de prévention de l’Ale à Lausanne pour y suivre un entretien suite à l’expulsion du domicile. « Ces entretiens ont pour but d’amener les auteurs à se responsabiliser et à les amener à faire un travail sur eux-mêmes », explique le directeur Philippe Bigler, également directeur du centre Malley-Prairie.

Ces rendez-vous sont un préambule à une prise en charge plus complète, car le centre de l’Ale propose différents types d’accompagnement pour contrer le recours à la violence. Depuis l’adoption de la loi et l’obligation de consulter qui en résulte, les chiffres de fréquentation ont fortement augmenté. Philippe Bigler reprend : « Cependant, il est rare que les auteurs expulsés entrent dans les programmes de groupe, car seul le premier entretien est obligatoire. Il faut du temps pour que la personne accepte de nous voir régulièrement. La grande majorité des auteurs rejettent la faute sur la victime ou se disent eux-mêmes victimes de la situation. En revanche, le Centre reçoit également des personnes qui viennent chercher de l’aide de leur plein gré. Évidemment, elles sont plus assidues à accepter la prise en charge que nous proposons. »

Aspect positif, la justice oblige de plus en plus de personnes à suivre des programmes. (art.55a) Rattaché à la Fondation MalleyPrairie, le Centre Prévention de l’Ale a repris depuis janvier 2016 les activités développées dans le canton de Vaud auprès des personnes ayant recours à la violence. La mission du Centre est d’accueillir et d’accompagner des personnes majeures ayant recours à des agressions ou des actes violents au sein du couple pour leur venir en aide via plusieurs programmes adaptés à chacun. En 2024, le centre a accueilli plus de 750 personnes, dont 85% d’hommes. Philippe Bigler complète : « Il faut d’abord faire comprendre que nous ne sommes pas la justice et que nous sommes là pour les accompagner sur le chemin qui aboutira à l’abandon du recours à la violence. Notre travail est stimulant. Car on voit que, pour les personnes qui s’investissent dans les groupes, la violence physique s’arrête rapidement. »

MalleyPrairie : pour héberger les victimes de violences domestiques

Logo MalleyPrairie

Installé dans le sud lausannois depuis 1976, le Centre d’accueil MalleyPrairie est un maillon central de la protection des victimes de violences. Philippe Bigler, directeur du centre, et également du Centre de prévention de l’Ale, explique : « Notre institution accueille en urgence ou sur rendez-vous des femmes victimes de violences domestiques ou qui se sentiraient en danger dans leur logement malgré l’éloignement de l’auteur. Nous hébergeons ces femmes et nous les accompagnons durant les procédures qui vont suivre. »

À l’intérieur du Centre, les résidentes se voient offrir un suivi adapté à chaque situation. La préoccupation principale est la mise en protection. Les victimes sont accompagnées pour les nombreuses démarches à faire ainsi que sur un plan émotionnel. Une attention particulière est accordée aux enfants ainsi qu’un soutien à la parentalité.

En dehors de l’hébergement d’urgence, le Centre propose également des entretiens ambulatoires dans une dizaine de villes du canton. Ces prises de contact sont destinées aux personnes qui vivent une situation de violence, déclarée ou latente, dans le but de trouver des alternatives ou de recevoir des informations.

Face à une demande croissante, le Centre a ouvert en 2022 une seconde adresse à Morges qui peut héberger 10 femmes supplémentaires. Le principe « qui frappe part », instauré en 2017 par la Loi sur les violences domestiques permet l’éloignement des auteurs du domicile conjugal. « Mais force est de constater, explique Philippe Bigler, que la demande, en places d’hébergement d’urgence ne cesse de croître. Cela témoigne de la complexité de la situation et de la nécessité d’une prise en charge coordonnée entre tous les partenaires. »


💡 Pour aller plus loin

Vous souhaitez mieux comprendre les mécanismes de la violence domestique et connaître les ressources disponibles? Consultez notre article de prévention complet sur le sujet.

Comprendre et lutter contre la violence domestique →

« Allô, bonjour Madame, je m’appelle XY et je représente l’entreprise Z. Je me permets de vous contacter car j’ai noté que vous étiez inscrite dans notre registre client. Nous vous proposons… »

Si ce discours vous paraît familier, c’est parce qu’il correspond au script basique employé lors des démarchages téléphoniques. Ces appels provenant d’entreprises ont pour but de vendre des produits ou des services.

Est-ce que ces appels sont autorisés ?

En Suisse, ces pratiques sont autorisées sous certaines conditions inscrites notamment dans la Loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD), à l’article 3 al.1 lettres u et v. Ces appels peuvent néanmoins être source de désagrément et/ou d’anxiété.

Comment faire pour éviter les appels des sociétés de démarchage ?

Il existe certains moyens pour éviter ces téléphones :

Qu’est-ce qu’une escroquerie téléphonique ?

Les appels téléphoniques sont à différencier des escroqueries téléphoniques qui, dans tous les cas, constituent des infractions. Dans ces dernières, les criminelles et criminels utilisent le téléphone comme un moyen de mener une escroquerie. Il fournit une opportunité car il permet de tromper la victime en se faisant passer pour quelqu’un d’autre.

Quelles sont les techniques utilisées par les escrocs ?

La falsification

Tout d’abord, sachez qu’un numéro de téléphone peut être falsifié. Il est même possible de copier un numéro de téléphone, cela s’appelle du spoofing téléphonique. Ce n’est donc pas parce qu’il correspond à un numéro officiel que le téléphone est bien émis par cette instance. Il est également possible de faire croire que l’appel est passé depuis la Suisse, alors qu’il provient en réalité de l’étranger.

Le mensonge

L’escroc peut également mentir sur son identité. Elle ou il peut gagner votre confiance en prétendant être une ou un membre de la famille éloignée, une ou un membre du corps médical, une avocate ou un avocat, une policière ou un policier ou une ou un membre de toute autre autorité.

L’urgence et la pression

Il est courant que l’escroc ajoute une notion d’urgence dans l’appel pour que la victime, alors sous le coup de l’émotion, s’empresse d’effectuer des virements bancaires ou de remettre de l’argent en main propre. Il se peut que l’escroc vous annonce, par exemple, que votre fils est en garde à vue, que votre fille est sur le point de se faire opérer et que, bien sûr, l’amélioration de ces situations nécessite de l’argent.

À quoi peut ressembler une escroquerie téléphonique ?

Les escrocs peuvent, par exemple, vous contacter en invoquant un problème technique qu’elles et ils peuvent régler puisqu’elles et ils prétendent être des employées et des employés de banque ou de centre d’assistance informatique. Ces criminelles et criminels cherchent à collecter vos données confidentielles afin de les utiliser. Pour ce faire, elles et ils vous demandent d’entrer vos données dans un site piraté ou de télécharger un logiciel qui leur permettra de prendre le contrôle de votre appareil (téléphone ou ordinateur). Avec ces données volées, les escrocs peuvent avoir accès à vos comptes bancaires et donc dépenser votre argent.

Comment se prémunir contre ces escroqueries ?

Pour se protéger de ces escroqueries, apprenez à les reconnaître. Prêtez donc attention à ces points :

@ecop.francois Le démarchage téléphonique, c’est pénible mais on peut agir #policecantonalevaudoise #ecopfrancois ♬ snowfall – Øneheart & reidenshi
@ecop.francois Attention !! Un mix entre faux policier et faux support technique #ecopfrancois #policecantonalevaudoise ♬ son original – eCop Francois 🇨🇭

Source :

Allô… c’est l’escroc ! – Prévention Suisse de la Criminalité (PSC)

Qu’est-ce que le squat ?

Le terme « squat » fait référence à l’occupation d’un lieu par des personnes pendant une certaine période, sans que les propriétaires les aient autorisées à entrer.

Qui sont les personnes qui squattent et pourquoi ?

Il existe plusieurs profils de personnes qui squattent. Les motivations qui les poussent à s’installer dans le bien d’autrui sont diverses. Il peut par exemple s’agir de personnes se trouvant en situation de grande précarité. Parfois, le squat est une manière d’exprimer son opposition au système.

Comment protéger mon bien ?

Protégez votre bien inoccupé durant une période déterminée, en :

Lorsque vous laissez votre bien inoccupé durant une période indéterminée, nous vous conseillons de :

Que faire si mon bien est squatté ?

Appelez la police au 117.

Le processus pour prononcer une expulsion prend un certain temps. Il faut ouvrir une procédure judiciaire au titre de l’article 926 du Code civil qui aboutira à une décision d’expulsion par la ou le juge. Cette procédure est à établir auprès de la justice de paix ou du tribunal d’arrondissement de votre région.

Les personnes qui squattent se rendent coupables de violation de domicile au sens de l’article 186 du Code pénal. Si des dégâts sont constatés, elles sont également coupables de dommages à la propriété selon l’article 144 du Code pénal. Vous pouvez donc déposer une plainte pénale. Elle permettra d’ouvrir une enquête pénale qui pourrait conduire à une condamnation mais non à une expulsion. Cette procédure est à établir auprès du poste de gendarmerie ou de police de votre région ou directement auprès du Ministère public.

Les violences dans le couple désignent les violences commises entre partenaires ou ex-partenaires. Il s’agit donc d’une forme particulière de violence domestique. Ce type de violence peut se produire dans des couples hétérosexuels et homosexuels et à tout âge.

Qui sont les victimes ?

Selon la Statistique policière de la criminalité, en Suisse en 2024, 21’127 infractions de violence domestiques ont été recensées, soit 6% de plus par rapport à l’année 2023.

46.3% des cas de violences domestiques surviennent entre partenaires, 26.6% entre ex-partenaires et 17.7% entre parents et enfants. Finalement, 9.7% des cas concernent d’autres liens de parenté.

Répartition dans le canton de Vaud pour l’année 2024 des victimes et des auteures et auteurs selon leur sexe et le type de relation qu’elles et ils entretenaient :

Quelles sont les caractéristiques d’une relation saine ?

Quels comportements ne devrais-je pas accepter au sein de mon couple ?

Si vous identifiez certains de ces « red flags » ou signaux d’alarme, dites stop. Ces comportements peuvent annoncer de futures violences. La majorité des victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles rapportent avoir d’abord subi les comportements listés.

Et, même si ces comportements ne mènent pas à d’autres types de violence, ils visent à exercer une emprise sur vous. Vous risquez alors de perdre progressivement la confiance et l’estime de vous-même, il est donc primordial de les identifier.

Nous vous invitons à consulter plus spécifiquement le site internet amoureux.se si vous êtes jeune. Pour les personnes âgées, le site vieillessesansviolence.ch vous est dédié.

Vidéo issue de la campagne amoureux.se
Vidéo issus de la campagne nationale Vieillesse sans violence

Quels comportements de l’autre indiquent que je suis en danger ?

Que faire si je me sens en danger ?

Appelez la police au 117
Appelez l’ambulance au 144 si vous êtes blessée ou blessé

Que faire si je suis témoin ?

Votre aide est précieuse. Les victimes de violences dans le couple ne sollicitent pas ou peu d’aide en raison de leur situation complexe.

Consultez Je veux aider une personne qui subit de la violence (malleyprairie.ch).

Vers qui puis-je me tourner pour obtenir de l’aide et des conseils ?

Consultation si je suis victime :

Violencequefaire
Vieillessesansviolence (spécifiquement pour les personnes âgées)
Pro juventute (spécifiquement pour les jeunes) : tél. 147
Ciao (spécifiquement pour les jeunes)
La Main tendue : tél. 143

Consultation et hébergement pour les victimes :

Centre d’accueil MalleyPrairie

Écoute et orientation pour les victimes :

Centre LAVI de votre région
Centre d’accueil MalleyPrairie

Consultation et aide pour les auteures et auteurs :

Violencequefaire.ch
Centre de prévention de l’Ale (spécifiquement pour les personnes majeures) : tél. 021 321 24 00

Aide et conseils pour les couples :

Problemedecouple.ch

Ressources : 

Consultez le site Violence conjugale que faire ? crée par le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) et Stop violence domestique.

Contactez Violence que faire qui propose des informations importantes ainsi que des offres de soutien dans le domaine des violences survenant dans un couple.

Télécharger la brochure Qui frappe part ! du Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH)

Télécharger la brochure Péril en la demeure de Prévention Suisse de la Criminalité (PSC).

Remplissez le quiz Jusqu’où aller par amour ? proposé par Ciao.ch

Vous pouvez télécharger les dépliants Quand la violence explose à la maison ici et ici destinés aux enfants.

Sources : 

Chiffres de la violence domestique en Suisse – Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG)

Amoureux·se – État de Vaud

La violence chez les personnes âgées – Vieillesse sans violence

Les chiffres de la violence domestique : années 2015 à 2024 – Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH)

Statistique policière de la criminalité (SPC) : rapport annuel 2025 des infractions enregistrées par la police – Office fédéral des statistiques (OFS)

Les professionnelles et professionnels du sexe ne sont pas forcément consentants. Ces personnes non-consentantes peuvent être des victimes du trafic d’êtres humains et vous pouvez les aider.

Qui sont les victimes de la prostitution forcée ?

Le phénomène de la prostitution forcée touche pour la grande majorité des femmes d’origine étrangère, mais il peut aussi concerner des hommes ou des personnes transgenres.

Comment les victimes arrivent-elles en Suisse ?

Les victimes, souvent originaires d’Asie du Sud ou du Sud-Est, d’Europe centrale ou de l’ex-URSS peuvent arriver en Suisse par :

Pourquoi les victimes sont-elles sexuellement exploitées ?

Une fois arrivées en Suisse, les victimes se font confisquer leur passeport et séquestrer par leur proxénète. Elles vivent alors dans un climat d’emprise. Le plus souvent, on leur dit qu’elles doivent travailler pour payer leur dette (leur venue en Suisse) et qu’ensuite elles seront libérées.

Sous surveillance étroite, elles subissent des violences physiques et sexuelles ainsi que de l’intimidation (y compris contre leurs familles restées au pays).

Les proxénètes peuvent aussi user de drogues ou de médicaments pour les garder sous leur emprise.

Comment expliquer le fait que les victimes ne dénoncent que rarement leur situation ?

Sans-papiers, paralysées par la peur et les menaces, les victimes ne sont donc que très peu à rechercher de l’aide et encore moins à vouloir le faire auprès de la police.

Dans ce contexte, la clientèle est très importante pour détecter les cas de prostitution forcée. Elle représente souvent le seul moyen de contact avec le monde extérieur pour ces victimes…

Pourquoi les clientes et clients sont-ils importants ?

La nature opaque du milieu des travailleuses et travailleurs du sexe fait que les cas de prostitution forcée peinent à remonter jusqu’aux autorités. Les clientes et clients jouent donc un rôle crucial dans la dénonciation.

Comment déceler de la prostitution forcée ?

Prêtez attention aux signes physiques, psychiques et aux discours.

Signes physiques :

Signes psychiques :

Discours :

Certaines phrases ou des éléments de langage doivent éveiller vos soupçons :

Suivez votre intuition ! Si, même sans ces signes, vous pensez qu’une personne est forcée à se prostituer, alertez les autorités compétentes. Dites-vous qu’il vaut mieux alerter les autorités pour rien, plutôt que de regretter de ne pas l’avoir fait !

Je pense reconnaître un cas de prostitution forcée, que dois-je faire ?

Attention au recrutement sur les réseaux sociaux !

Il peut arriver que certaines personnes prennent contact avec des jeunes femmes via les réseaux sociaux, pour recruter des escort girls. Bien sûr, elles ne se présentent jamais comme recruteuses pour des agences d’escorting, mais c’est bien ce dont il s’agit. C’est souvent une « recruteuse » qui approche des jeunes filles, parfois en sachant que celles-ci sont mineures, et leur propose un travail pour payer leurs études et/ou se faire un peu d’argent de poche.

L’offre d’emploi est alléchante : il s’agit d’un poste « d’hôtesse VIP » avec un gros salaire et qui demande peu de temps par semaine. Elle promet aussi de nombreuses opportunités pour démarrer une carrière de mannequin et se faire des contacts dans le milieu de la mode, de quoi faire rêver les jeunes filles à qui elle s’adresse !

Pourtant, en creusant, il s’agit bel et bien d’un job d’escort girl et d’un recrutement dangereux, qui pourrait amener des jeunes filles à se faire agresser et/ou embrigader par des proxénètes.

Ressources :

Traite des être humain – Prévention Suisse de la Criminalité (PSC)

Campagne de prévention – Prévention Suisse de la Criminalité (PSC)

Traite des êtres humains: de quoi s’agit-il et qui peut vous venir en aide | État de Vaud

Comment définir la radicalisation et l’extrémisme violent ?

La radicalisation est le processus au cours duquel une personne adopte progressivement des points de vue extrêmes en matière politique, sociale ou religieuse.

Cela peut mener à l’utilisation de la violence extrême pour réaliser ses objectifs.

Ce processus est complexe, imprévisible et influencé par des facteurs individuels, collectifs, sociaux ou psychologiques. C’est aussi le résultat de l’interaction entre un parcours personnel et un ensemble de croyances qui justifient l’usage de la violence. Les réseaux sociaux, tant réels que virtuels, peuvent également influencer ce processus. Il est difficile de déterminer avec précision les raisons de l’intérêt d’une personne pour les mouvements radicaux car il n’existe pas de profil type.

Les groupes menant des activités extrémistes violentes rejettent les principes de la démocratie et de l’État de droit. Ils commettent ou soutiennent des actes de violence pour atteindre leurs objectifs.

À qui adresser mes questions ou mes inquiétudes ?

Dans le cadre du dispositif vaudois de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, un numéro de téléphone et un formulaire de contact sont mis à disposition pour répondre aux questions et aux inquiétudes de la population vaudoise.

Ainsi, le numéro de téléphone gratuit 0800 88 44 00 permet de signaler des situations préoccupantes et de poser des questions. La ligne téléphonique est gérée par des collaboratrices et des collaborateurs spécialement formés de la Centrale d’engagement et de transmission (CET) de la Police cantonale vaudoise.

Un formulaire de contact est aussi accessible sur le site internet de l’Etat de Vaud. Vos demandes et vos coordonnées sont confidentielles.

Quelles sont les autres mesures du dispositif vaudois ?

Un groupe pluridisciplinaire, dirigé par la préfète ou le préfet du district de Lausanne, gère et suit des personnes engagées dans un processus de radicalisation. Ce groupe collabore avec des partenaires externes pour aider ces individus à se désengager et à se réinsérer dans la société.

Ce dispositif s’inscrit dans une politique publique visant à prévenir la rupture familiale, scolaire ou professionnelle et à maintenir le lien avec celles et ceux susceptibles de s’orienter vers l’extrémisme.

Quelle est la politique nationale ?

Le dispositif vaudois s’inscrit dans le cadre des mesures recommandées par le Plan d’action national de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent.

Ressources :

Vous pouvez consulter le site pole-rhizome.ch. Cette organisation propose des informations, des conseils et des accompagnements pour le cadre privé ou professionnel.

Vous trouverez ici les listes des contacts à disposition par canton.

La Confédération met également à disposition un document consignant diverses sources utiles pour des informations complémentaires.

Ressources pour les professionnelles et professionnels :

Les professionnelles et professionnels peuvent consulter ces ressources :

Discours de prévention de la radicalisation sur internet – Jeunes et médias

contre-la-radicalisation.ch

Sources :

Radicalisation et extrémisme violent – Etat de Vaud

Prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent – Réseau national de sécurité (RNS)

Le dispositif de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent est opérationnel – Les communes sont concernées – Actualités – Canton Communes (vd.ch)

Radicalisations | Reste Cool Sois Prudent (CRPS)

Les lois, les coutumes et la culture diffèrent selon les pays, alors l’installation dans un nouveau pays n’est pas forcément facile. Pour que les choses se passent au mieux, il est important de connaître les lois et le travail de police en Suisse.

À quoi servent les lois ?

Les lois sont là pour nous protéger. Elles nous disent ce qui est permis, ce qui est interdit de faire et parfois ce que nous sommes obligés de faire. Le but des lois est que tout le monde vive en paix et puisse vivre sans avoir peur.

Les lois attribuent des devoirs et des droits à chaque citoyenne et citoyen et punissent les personnes qui s’en prennent aux droits de quelqu’un d’autre.

Quels sont les principes de base à respecter en Suisse ?

Quel est le rôle de la police ?

La police est là pour nous protéger puisque son travail est de faire respecter les lois. Elle fait en sorte que personne ne nous fasse de mal ou ne s’en prenne à ce que nous possédons. La police vient aussi en aide si nous sommes victimes.

Pour faire son travail, il peut arriver que la police vous demande vos papiers d’identité :

Il est aussi important de savoir que ce n’est pas la police qui punit quand on ne respecte pas la loi. Ces sont les juges qui appliquent les lois et décident des punitions en cas d’infraction.

Qu’est-ce qu’une infraction ?

On parle d’infraction dès que l’on fait quelque chose qui est interdit par la loi. Toutes les infractions sont donc punies par la loi. Voici des exemples d’infractions :

1. Harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel réunit tous les comportements importuns, donc non souhaités, comme des paroles, actes ou gestes de caractère sexuel ou fondés sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression de genre qui portent atteinte à la dignité d’une personne.

La loi protège les victimes de harcèlement sexuel. Demandez de l’aide si quelqu’un vous harcèle.

2. Violences

Notre société ne tolère ni la violence physique, ni la violence verbale. Vous ne devez pas frapper, injurier ou menacer d’autres personnes.

Vous n’avez pas non plus le droit de cracher sur quelqu’un.

3. Violences domestiques

Les violences psychologiques, physiques, économiques, sociales et sexuelles sont interdites. Vous ne pouvez pas frapper, insulter, priver de son argent votre partenaire, vos enfants ou vos parents. Vous ne pouvez pas forcer votre partenaire à avoir des relations sexuelles.

Si vous êtes victime, consultez la brochure Que faire ? Aide en cas de violence de la police cantonale bernoise. Elle est disponible en français, allemand, anglais, arabe, farsi, kurmanci, somali, tamil, tigrinya et en ukrainien.

Une brochure sur le mariage forcé élaborée par le canton de Lucerne est disponible en serbe, albanais, anglais, allemand, français, arabe, tigrinya, somali, turc, tamil et en arabe.

4. Vol

La loi protège notre droit de posséder des choses. Personne n’a le droit de voler ce qui nous appartient et nous n’avons pas le droit de prendre ce qui ne nous appartient pas. Le vol, par exemple dans un magasin, est toujours puni par la loi.

5. Dommages à la propriété

Comme avec le vol, la loi protège les choses que nous possédons. Il est donc interdit de casser ou de détruire ce qui ne nous appartient pas, même si ces choses font partie de l’espace public.

6. Voyager sans titre de transport

Sans billet, pas de trajet en transports publics ! En Suisse, les transports publics sont payants. Les personnes qui voyagent sans billet doivent payer une amende.

7. Littering

Tout le monde préfère vivre dans des lieux propres. Jetez vos déchets à la poubelle ! Comme cela, vous aidez à garder la nature et les villes propres. Si vous n’éliminez pas correctement vos déchets, vous risquez une amende. Il y a aussi des villes qui punissent le fait de cracher par terre.

8. Tapage nocturne

En Suisse, tout le monde a le droit de se reposer la nuit. La musique forte, les travaux ou les conversations bruyantes dans la rue peuvent déranger les autres personnes. De 22h00 à 6h00, faites donc attention au bruit. Dans le cas contraire, vous risquez une amende.

9. Cybercriminalité

Utiliser Internet afin de commettre des infractions telles que l’escroquerie ou le piratage de données personnelles est puni par la loi. Ces pratiques sont punies par les articles 143, 143bis, 144bis et 147 du Code pénal.

Vous êtes victime ou témoin ?

Si vous avez été victime ou témoin d’une infraction :

Appelez la police au 117 (ou au 112). Elle est là pour vous 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 !

Numéros d’urgence :

Ressource :

Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI) | État de Vaud

Source :

Ensemble en sécurité en Suisse – Prévention suisse de la criminalité

La violence sexuelle envers les enfants peut prendre plusieurs formes et engendre souvent des conséquences sur le long terme. Dans cet article, nous discutons d’une façon générale des risques et des conseils de prévention d’abus sexuels sur enfants et nous vous invitons à lire notre autre article si vous cherchez des informations spécifiques pour protéger votre enfant des risques d’abus sexuels en ligne.

Qu’est-ce que la violence sexuelle sur les enfants ?

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la violence sexuelle sur les enfants se définit comme toute activité sexuelle à laquelle une ou un enfant ne peut pleinement consentir, soit en raison de son incapacité à la comprendre, de son manque de préparation au niveau de son développement, ou encore parce qu’elle ou il enfreint les lois ou les normes sociales en vigueur. Il est important de noter que cette forme de violence peut prendre diverses manifestations et n’implique pas forcément un contact direct entre l’agresseuse ou l’agresseur et la victime.

Qui sont les auteures et les auteurs d’abus sexuels sur les enfants ?

Contrairement à une idée répandue, les cas d’abus sexuels sur les enfants perpétrés par des personnes inconnues sont rares. La plupart du temps, l’abus est commis par une personne de confiance, telle qu’une ou un membre de la famille, une ou un ami proche, une ou un entraîneur de sport, la ou le responsable des loisirs des enfants ou même une personne du corps enseignant.

Il convient de souligner que, bien que de nombreuses agresseuses et agresseurs aient eux-mêmes été victimes par le passé, il est faux de penser que toutes les victimes commettent un abus à leur tour.

Il est également important de dissiper la croyance selon laquelle toute personne commettant un abus sur une ou un enfant est forcément pédophile. En réalité, les personnes qui commettent des abus sexuels sur des enfants sont appelés « pédocriminelles » ou « pédocriminels ».

Qu’est-ce que la pédophilie et comment peut-elle être traitée ?

La pédophilie se définit comme une attirance sexuelle d’une personne adulte ou adolescente envers des enfants, généralement prépubères ou au début de leur puberté. La pédophilie est également un diagnostic psychiatrique, ce qui signifie que ces individus peuvent recevoir de l’aide. Il est crucial de comprendre que cette attirance peut engendrer une grande souffrance, mais une thérapie et un accompagnement par une ou un spécialiste peuvent apprendre aux individus à vivre avec leurs fantasmes sans qu’ils empiètent sur leur vie quotidienne. De plus, la majorité des personnes ayant des tendances pédophiles ne passent pas à l’acte, mais restent au stade du fantasme tout au long de leur vie.

Quelles sont les conséquences pour les enfants victimes d’abus sexuels ?

Les abus sexuels ont de lourdes conséquences sur la vie des enfants. Ces conséquences peuvent également marquer leur vie d’adultes.  De plus, elles et ils ont souvent du mal à en parler et se sentent responsables de ce qui leur est arrivé. Par conséquent, il est impératif d’agir dans ce domaine, en mettant en place des mesures préventives à différents niveaux.

Comment prévenir au niveau des enfants, des jeunes, des parents et des professionnels ?

En matière de prévention, l’objectif est d’empêcher les actes sexuels sur les enfants en sensibilisant les potentielles victimes et leur entourage. Les actions visent donc les enfants, les jeunes, les parents et les personnes travaillant au contact des enfants et des jeunes. Par exemple, une action consiste à faire comprendre aux enfants et aux jeunes qu’ils ont le droit de dire « non » à certaines situations. Sachez également qu’il existe des formations pour adultes afin d’apprendre à reconnaître la violence sexuelle envers les enfants et les jeunes et à y réagir de manière appropriée.

Comment protéger mon enfant ?

Pour protéger votre enfant, il est essentiel de lui enseigner, dès son plus jeune âge et de manière adaptée à son développement :

Pour les jeunes enfants, il est possible d’utiliser la règle simple « on ne touche pas ici » pour expliquer les zones de leur corps qu’il ne faut pas toucher. Ce guide offre également des conseils sur la manière de réagir en cas d’abus et sur les personnes vers lesquelles se tourner pour obtenir de l’aide.

Que faire si je pense que mon enfant est victime ?

Comment prévenir les abus sexuels chez les auteures et auteurs potentiels ?

Un autre type de prévention s’adresse spécifiquement aux personnes qui ressentent une attirance sexuelle envers les enfants, mais qui ne sont jamais passées à l’acte. L’association « DIS NO », présente en Suisse romande, a pour but de prévenir la maltraitance et les abus envers les enfants. Cette association offre donc de l’aide aux adultes ou adolescentes et adolescents qui ressentent une attirance ou des fantasmes sexuels envers des enfants et qui n’ont jamais commis d’actes d’ordre sexuel sur une ou un enfant au sens de l’art. 187 du Code pénal. Le but de l’association est d’éviter des premiers passages à l’acte d’abus sexuels sur des enfants.

Malheureusement, les auteures et auteurs potentiels qui vont consulter d’elles ou d’eux-mêmes sont assez rares. Cela s’explique en partie par la forte stigmatisation qui touche les personnes ayant une attirance envers les enfants de la part de la population. Ces personnes ont donc tendance à s’isoler au lieu d’aller chercher de l’aide. Cette attitude empêche trop souvent de les détecter à temps et augmente le risque de passage à l’acte. Cette stigmatisation est donc néfaste pour toute la société.

Ressources :

Association Dis No

Protection de l’Enfance suisse

Sources :

Abus sexuels sur des enfants – Prévention Suisse de la Criminalité (PSC)

Violence à l’encontre des enfants – Organisation mondiale de la Santé (OMS)

Le harcèlement-intimidation entre élèves peut prendre la forme de moqueries, insultes, humiliations, rumeurs, chantages, menaces, rejet, isolement et violences physiques. Il cause de réelles souffrances, contrairement à l’idée qu’il s’agit simplement de blagues. La campagne « Not a Joke. » de Jeunes et Médias met l’accent sur la gravité de ce phénomène.

Qu’est-ce que le harcèlement-intimidation entre élèves ?

Le harcèlement-intimidation entre élèves implique des violences répétées, souvent perpétrées en groupe, contre une victime qui ne peut pas se défendre. Le groupe n’est pas uniforme, mais est uni par la peur et la pression à la conformité.

Quelles sont les caractéristiques principales du harcèlement et de l’intimidation entre élèves ?

  • C’est un phénomène de groupe.
  • Les actes d’intimidation se répètent.
  • Il y a un déséquilibre de pouvoir empêchant que la victime se défende.

Qu’est-ce que le cyberharcèlement entre élèves ?

Il consiste en une forme de harcèlement exercée à travers les médias numériques. L’enfant peut donc en être victime partout, à tout moment. Ces médias augmentent la possibilité de diffuser des moqueries et des insultes. Il est donc plus facile d’en devenir une ou un auteur. Tout cela fait que la victime perd rapidement le contrôle de son image. Le cyberharcèlement-intimidation entre élèves laisse des traces puisqu’il est commis en ligne, facilitant ainsi l’identification des auteures et auteurs.

Tous droits réservés : Luke Culhane, Dermot Culhane & Diarmuid Greene

Combien de jeunes sont concernées et concernés par ces phénomènes ?

Des études menées dans le canton de Vaud en 2022 révèlent que 13.4% des jeunes de 15 ans déclarent avoir été victimes de harcèlement de manière répétée au moins une fois par semaine au cours de l’année écoulée, contre 7.3% des jeunes âgés de 18 ans. 5.7% des jeunes de 15 ans déclarent avoir été autrices ou auteurs, contre 3.7% des jeunes de 18 ans.

Concernant le cyberharcèlement, les résultats indiquent que 4.6% des victimes sont âgées de 15 ans, contre 4.2% de victimes âgées de 18 ans déclarent avoir été victime de cyberharcèlement au moins une fois par semaine. 2.5% des jeunes de 15 ans déclarent avoir été des autrices ou auteurs de cyberharcèlement, contre 1.8% des jeunes de 18 ans.

Que faire si mon enfant se fait harceler ?

Que votre enfant soit victime, auteure ou auteur ou alors témoin, veillez à :

Que faire si je suis victime d’harcèlement-intimidation entre élèves ?

En cas d’urgence, appeler le 143 (aide pour adultes par téléphone, tchat ou e-mail), le 147 (aide pour jeunes par téléphone, tchat, e-mail ou SMS) ou le 117 (police) !

Que faire si une copine ou un copain est victime de harcèlement-intimidation entre élèves ?

Comment gère-t-on les cas de harcèlement-intimidation entre élèves dans le canton de Vaud ?

L’école vaudoise combat le harcèlement-intimidation entre élèves avec la méthode de la préoccupation partagée (MPP). Cette méthode part du principe que le harcèlement-intimidation entre élèves ne provient pas d’une volonté de faire mal, mais de la pression du groupe. Il faut donc briser les dynamiques de groupe en discutant individuellement avec les élèves ayant un rôle à jouer. Elle vise donc à donner une chance aux élèves d’apprendre et de modifier leur comportement. La MPP ne veut pas blâmer pour éviter les représailles. La MPP s’applique aussi au cyberharcèlement s’il a démarré dans le cadre scolaire.

Ressources :

Vous pouvez télécharger Quand les violences se donnent un genre : enjeux et pratiques de management de Caroline Dayer. Cet article est paru dans le journal 3D – journal de la Fédération des associations des directeurs et directrices des établissements de formation officiels vaudois en 2020.

Harcèlement-intimidation et violences entre élèves – État de Vaud

Cyberharcèlement : agir de bon droit – Prévention suisse de la criminalité (PSC)

Vidéos :