Faux neveu / faux policier

Pour se protéger en tant que personne âgée des escroqueries dites au « faux neveu » et au « faux policier », il est important de connaître non seulement le mode opératoire des auteurs mais aussi les précautions à prendre pour éviter d’être victime de ceux-ci.

En quoi consistent ces escroqueries ?

Le « faux neveu »

Lors d’une escroquerie de type « faux neveu », l’escroc prend contact, le plus souvent par téléphone, avec une personne âgée. Il se présente comme un membre de la famille, en laissant le soin à sa victime de deviner de qui il s’agit. Une fois le contact établi, l’auteur explique qu’il se retrouve en difficulté et qu’il a un besoin urgent d’aide financière, sans quoi les conséquences pour lui-même seraient graves (dettes, perte du logement, licenciement, suicide, …).

Si la demande d’aide est acceptée par la victime, l’escroc demande à cette dernière de bien vouloir aller à la banque afin de retirer la somme convenue (en général de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers de francs). Il explique également que, pour diverses raisons, il ne pourra pas récupérer lui-même l’argent mais qu’une personne de confiance le fera à sa place. Une fois le retrait effectué et l’argent remis au complice, les auteurs disparaissent.

Le « faux policier »

Lorsqu’une cible d’un cas de « faux neveu » se montre réticente ou change d’avis, l’auteur (ou un complice) prend alors à nouveau contact, en se présentant cette fois en tant que policier. Il explique à la victime qu’il enquête sur des escroqueries et la prie d’accepter la demande de l’escroc afin de pouvoir le surprendre en flagrant délit. Pour rassurer la victime, le faux policier se rend avec elle à la banque et au rendez-vous avec le malfrat. Dès la transaction effectuée, le ou les auteurs disparaissent avec l’argent.

Une autre variante consiste pour l’escroc à prendre contact avec sa victime, à nouveau en se présentant comme un policier. Il explique alors qu’il enquête sur une escroquerie se déroulant dans une banque. Il informe sa victime que son argent n’est plus en sécurité dans l’établissement, la convainc de retirer toutes ses valeurs et de les lui remettre afin qu’elles soient en sécurité auprès de la police durant le reste de l’enquête. Le faux policier insiste sur un besoin de discrétion absolue de la part de la victime, des complices de l’escroc travaillant peut-être au sein de la banque concernée. Une fois l’argent remis, l’auteur disparaît.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Pour les victimes potentielles

  • Méfiez-vous d’une personne vous appelant pour demander de l’argent et que vous ne reconnaissez pas, même si elle prétend être un proche. Assurez-vous qu’il s’agit bien de la personne qu’elle prétend être, notamment en lui posant des questions dont les réponses ne sont connues que des membres de votre famille.
  • Laissez l’appelant s’identifier lui-même et n’indiquez pas le nom d’un proche. En donnant vous-même une identité, l’escroc en profitera pour rebondir dessus.
  • Ne cédez pas à la notion d’urgence prétextée par l’auteur.
  • En cas de doute sur l’identité de l’appelant, répondez que vous allez réfléchir et raccrochez. Prenez contact avec un membre de confiance de votre famille pour en discuter et vérifier les informations données par l’appelant.
  • Ne confiez jamais d’argent liquide ou de valeurs à un inconnu.
  • Si la tentative d’escroquerie se confirme ou que des doutes subsistent, informez la police (en contactant le poste de police le plus proche ou le numéro d’urgence 117).

Pour l’entourage

  • Informez les aînés parmi votre entourage et vos connaissances de ces escroqueries, ainsi que des bons réflexes à adopter.
  • Limitez au strict nécessaire la diffusion à des tiers de numéros de téléphone des personnes âgées de votre famille.

Que faire si vous en êtes victime ?

Si malheureusement vous-même ou une personne connue devait en être victime, avisez le plus rapidement possible la police (en contactant le poste de police le plus proche ou le numéro d’urgence 117) et prévenez un proche de confiance. Les cas d’escroquerie sont punissables selon l’article 146 du Code pénal suisse.